04.09.2007

Le Pancake au sarrasin.



Le sarrasin, autrement dit le blé noir.
On utilise beaucoup cette céréale au Japon, et on en fait des nouilles que l'on appelle "SOBA".

En japonais, le nom SOBA peut être employé comme nom générique de nouilles, mais pour nous, c'est surtout des nouilles à base de farine de sarrasin.

La recette que je vais vous donner aujourd'hui est une recette "zorglubette" et non pas une recette japonaise. En fait je fais beaucoup de pancake à base de sarrasin, et ceci en est une variation.

© TOMATO / "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO

On peut trouver la farine de sarrasin dans les supermarchés et des grains de sarrasin chez BIO-Coop.
Chez BIO, choisissez les grains en sachet, pas en vrac, car en vrac, on a souvent, en supplément gratuit, de sales petites bébettes (des mites alimentaire).


« Ingrédients pour 5 à 6 pancakes »
  • 3 cuillère à soupe de grains de sarrasin
  • Environ 140ml d'eau
  • 1 oeuf de taille moyenne
  • 1/2 cuillère à soupe de sucre
  • 1/4 cuillère à café de sel fin
  • 100g de farine type 55
  • 50g de farine de blé noir (sarrasin)
  • 1 cuillère à café de levure chimique
  • 160ml de lait
« Préparation »
  1. Préalablement, faire cuire les grains de sarrasin dans 140ml d'eau jusqu'à ce qu'ils soient tendres et laisser tiédir. (égoutter si nécessaire.)
  2. Dans un saladier, battre l'oeuf, le sel, le sucre et le lait.
    Y ajouter les grains de sarrasin.
  3. Tamiser les deux farines et la levure dans le saladier, en suite mélanger le tout.
  4. Faire chauffer un peu d'huile végétale ou de beurre dans une poêle à feu modéré.
    Versez une petite louche de la préparation.
    Faire cuire 2 à 3 minutes à couvert, le temps que des bulles forment des petits trous à la surface du pancake.
  5. Retournez-la à l'aide d'une spatule et faites-la cuire sur l'autre côté jusqu'à ce qu'il soit doré.
    Continuez ainsi jusqu'à la fin de la préparation qui reste dans le saladier.
© Zorglubettejp / Mme.TOMATO @ http://www.franco-japonais.com/tomato/

Vous pouvez les manger comme les pancakes ordinaires, c'est-à-dire, sucrés, avec du miel, du sirop d'érable ou de la confiture au petit-déjeuner ou en brunch.
Ou bien, comme ci-dessous, vous pouvez faire des sandwichs.

© TOMATO / "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO

Ci-dessus est un sandwich au poulet et à la tomate assaisonné avec un peu de MISO, un condiment japonais : du soja fermenté.

Vous trouverez également du Miso chez BIO, mais attention, n'achetez surtout pas le Miso de la marque DANIVAL. Parce que c'est tout simplement mauvais !
(Soyez vigilants ! Dans le monde du BIO, il y a de nombreuses marques européennes qui prétendent respecter la tradition japonaise, mais d'un goût inacceptable pour les Japonais qui se trouvent en France.)

Vous pouvez remplacer la sauce au Miso par la sauce pistou, par exemple, ou par un peu de mayonnaise ou toute autres sauce que vous aimez.

La cuisine japonaise ? Ça viendra...

Mais avant tout, il faudra que je commence par parler des divers ingrédients qui ne sont pas évident à trouver en France...

30.08.2007

Le jardin du souvenir



C'est en voyant les photos qui se trouvent chez Tinou, que la nostalgie s'est saisie de moi. Et je me souviens...

Du Japon, du jardin de chez ma grande-mère en particulier...
Du jardin dont je suis fort amoureuse...

© Zorglubettejp et "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO

Il est daté du début de 18 ème siècle, je crois. Ou peut-être de la fin du 17ème.

© Zorglubettejp et "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO

A cette époque, on voulait faire un grand jardin pour le Seigneur du Tôhoku (Région Nord du Japon) et avant de le réaliser on a fait trois essais, en modèle réduit dans le département de Miyagi (Prononcer Miyagui).

Un de ces modèles est le jardin de ma grand-mère, et à 10 minutes à pieds, se trouve le vrai jardin qui est énorme (500m2, c'est vraiment très grand pour un jardin japonais de ce style). Il a été rajouté à une école, en 1715 - année de la mort de Louis XIV.
Vous pouvez voir une photo de l'école ici (page en japonais).

Cette école à été crée en 1691 par un des descendants de la grande famille "Daté" qui dirigeait la région du Tôhoku.
Aujourd'hui, c'est la plus vieille école du Japon.
Elle est classée monument historique et est ouverte au publique comme musée.

Ce bâtiment qui était à l'origine, une transformation d'une ancienne demeure des Daté a été détruite en grande partie par un incendie, et puis reconstruite en 1633.
A l'époque, c'était un établissement privilégié et réservé aux enfants de Samouraï.

D'après mon père, un de mes ancêtres y a étudié.

Cet enfant de simple commerçant (et fabriquant du Saké = le vin de riz) a eu l'autorisation d'y faire ses études, avant d'être envoyé à Edo (ancien Tokyo) pour devenir astronome.
Il est devenu par la suite un des grands astronomes de l'époque : connu sous le nom de Harunaka (comme indiqué à droite en japonais).

Pourquoi astronome ?
C'est que la famille du Shôgun (le grand-chef des Samouraïs) faisait l'élevage de chevaux au milieu des montagnes du Tôhoku, et faisait venir des chevaux de l'étranger. Un astronome était indispensable pour les voyages en bateau.
Logique.

D'ailleurs, à l'époque, plusieurs astronomes qui lui ont succédés ont repris le caractère : HARU (se prononce comme Harou en prononçant H, qui signifie le printemps) dans leur nom pour exercer le métier. Sans doute par l'hommage et en espérant avoir le même talent que lui.

Le hasard de la vie veut que ma grande-mère qui vient d'une autre famille (bien sûr) et d'une autre région porte, elle aussi, le même caractère de HARU dans son nom... c'est curieux...

© Zorglubettejp et "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO

Bref, c'est l'histoire ancienne.

Quant au jardin de ma grande-mère, j'y était tous les ans en été, pendant les vacances scolaires.
J'y suis, bien entendu, retournée lors de mon dernier voyage au Japon --- qui remonte à il y a 6 ans déjà et c'est à ce moment que j'ai pris les photos ci-dessus --- et j'y retournerai certainement la prochaine fois.

Quand j'étais petite, on y trouvait des lucioles, libellule de toutes les couleurs --- noires, vertes, bleues, argentées, rouges etc.---, des anguilles, des poissons rouges, des carpes... et des crevettes d'eau douce (mon mari prétend que ça n'existe pas...).

Il y avait aussi des petites grenouilles vertes avec une petite ventouse au bout de chaque doigt. Elle ne mesure qu'à peine 3 à 4 cm, souvent d'un vert-clair très vif. Elle est très jolie et très mignonne.
J'en attrapais et les plaçais souvent au milieu des fleurs d'hortensia, en espérant voir une grenouille devenir bleu-violette... parce que cette espèce de grenouille inoffensive est "homochrome", c'est-à dire qu'elle change de couleur de peau selon l'environnement où elle se trouve (Comme un caméléon).
Mais il paraît que le bleu est une couleur qu'elle ne peut pas reproduire. Dommage !

Euh... je vous préviens que ça ne se mange pas, pour le cas où...

Le petit étang est entouré d'azalées, de camélias, de lilas des Indes, de jujubiers, de conifères etc. et, jusqu'à il y a une vingtaine d'année, il y avait un vieux pin qui avait été planté au moment de construction du jardin.
De temps en temps, ma famille recevait des visites inattendues : On lui demandait de vendre cet arbre (à un prix exorbitant - avec un nombre énorme de zéros) pour le replanter chez eux.
Mais ma famille n'a jamais cédé.

Hélas, l'arbre n'a pas pu supporter le poids de la neige qui était particulièrement lourde un hiver. Il s'est cassé en deux, et aujourd'hui, on ne peut voir que la partie inférieure qui reste.
Heureusement, le jardinier a fait du beau travail pour préserver la vieille racine (on peut voir ce pin au centre de la photo ci-dessus, au fond de la petite île, à gauche du pin en hauteur).

Et puis, juste à côté de vieux jardin, il y avait un grand noyer qui porte des noix hyper dures que j'ai cassais avec un marteau (les noix japonaises sont souvent très dures) et un arbre à Kaki.
Le Kaki est un fruit orange. Il y en a plusieurs espèces - En France, ce n'est pas très répandu mais je pense que certains d'entre vous le connaissent. Je vous reparlerai un jour de ce fruit.

Voilà tous les souvenirs qui m'assaillent en regardant les photos de Tinou. Tout ceci est un peu désordonné mais on ne commande pas son coeur.

Il vaut mieux que je m'arrête maintenant car je vais vous lasser.

A bientôt.

23.08.2007

Grâce à l’Europe les fromages sont « allégés ».


Je me suis fait tromper par un vendeur – du moins c’est ce que j’ai cru au début – enfin vous allez voir.

C’était au Monoprix de la rue Saint-Antoine à Paris.

Pendant que je faisais la queue au rayon fromage, je me suis vite aperçue que le vendeur faisait partie d’une espèce en voie de disparition aujourd’hui : Il connaissait remarquablement bien les fromages, surtout pour un vendeur de supermarché.

Le fromage, je m’y connais, même si je viens d’un pays qui, traditionnellement, ne fait pas fromage.
- Premièrement, c'est parce que j'aime les fromages.
- Deuxièmement parce que j'ai fait la traduction d'une sorte de l'encyclopédie des fromages sur le web.
- Troisièmement, j'ai moi-même crée une mini-encyclopédie du fromage sur mon site Web (culinaire) en langue japonaise.

Le vendeur a, donc, attiré mon attention.

J'ai écouté très attentivement ses conseils donnés à une vieille dame qui cherchait un petit chèvre à la saveur plutôt douce et pas trop sec (elle ne savait pas exactement ce qu'elle voulait, mais le vendeur était tellement bon, qu’il a parfaitement réussi à la faire parler comme un bon médecin.)

Finalement, la dame est partie avec ce petit fromage en forme de motte.

© Zorglubettejp et "Gourgmets Garden" de Mme.TOMATO


Cette petite « figure » sympathique couvert d'une fine croûte moisie et ridée s'appelle "Taupinette", la petite soeur de "Taupinière" qui a la même forme (mais en plus grand).

Je la connaissais de vue, mais je ne l'avais jamais goûtée jusqu'à ce jour.

D'après le vendeur, c’était un fromage de 20% de matière grasse. C'est pour ça que je l'ai pris, moi aussi. Et c'est là, j'ai été trompée...

Dès que je suis arrivée à l'appartement, je l'ai goûté.

Puis, je me suis dit que c'etait extraordinairement réussi pour un fromage allégé. Je n’ai rien senti d'allégé au niveau saveur : La saveur parfaite d'un fromage de chèvre de 45 % de MG.

En suite, je me suis dis : "Non, ce n'est pas possible que ça soit 20% de MG. Mais... le vendeur n'avait pas l'air de mentir...".

C'est alors, je me suis enfin rappelé ce que j’avais entendu à la radio sur la nouvelle règlementation.

Encore l'Europe qui me trompe, pas le vendeur.

Aujourd'hui, tous les fromages qui ont le pourcentage de plus banal de MG, c'est-à-dire les bons vieux traditionnels 45 % de MG sont, doré navant considérés comme ayant 20% de MG.

Le vendeur n'avait pas menti.

Mais combien de clients sont au courant de ce nouveau chiffre de MG !? qui s’appuie sur la matière totale du fromage et non de la matière sèche, comme c'était le cas jusqu’à ce que Bruxelles en décide autrement.

La plupart de fromages artisanales portent encore l'étiquette de 45 % (voire 50 % ou autres selon le type de fromage), et sur les marchés, on parle toujours comme avant...

Dans 20 à 30 ans, nous serons considérés comme ceux qui parlent en ancien francs ... ?

*   *   *

Quant à la Taupinette, c'est bon. Doux et délicat de saveur. Elle n'a rien de piquant comme le vieux crottins ou le Sainte-Maure-de-Touraine longtemps affiné.

Sa pâte sous la fine croute cendrée, ridée, est moelleuse et fondante comme un chèvre frais.

Ce fromage vient de Poitou-Charente.